Textes

L’œuvre, quelque laborieuse que puisse être son exécution, doit impérativement conserver et restituer quelque chose du choc émotif dont elle procède, c’est même là son véritable enjeu.

Toute la difficulté et la fréquente exaspération du peintre tiennent à cette contradiction, comment se saisir d’une émotion très fugitive pour pouvoir la représenter ?

Comment faire que la durée et l’ordre propre au travail, avec les contraintes matérielles qu’il implique, n’en réduisent pas gravement l’intensité ?

(…) Pour parler comme Rimbaud, comment fixer des « vertiges » ou pour reprendre un mot sans doute emprunté à René Char, des « éclairs » ?

Alain Madeleine-Perdrillat

 

A propos de l’exposition : « Mer, terre et ciel » (Huile sur bristol)

Mer, terre, ciel, cette trilogie de la Baie,
 Corine Van den Bussche la peint avec un art sensible et maîtrisé, une délicatesse rare.

Elle sait nous donner à voir et à rêver l’alliance 
subtile et saisissante de l’espace et de la lumière.

Sa vision est une source vive de méditation.

                 Georges-Emmanuel Clancier

 

A propos de l’exposition :  « Paysages en Baie de Somme » (Pastel à l’huile sur toile)

Elle nous aguiche avec, semble-t-il, des images impressionnistes du Crotoy, le sable, la mer et le ciel mais, en fait, Corine Van den Bussche parle à notre âme de nos sentiments et de nos faiblesses les plus vives.


                      Jean-François Brousse

 

A propos de l’exposition : « Encres marines » (Encre de Chine sur papier)

Ces encres marines sont des impressions de la Baie de Somme, lignes de fuite, lignes d’horizon où le regard se perd dans des imaginations d’errance, des divagations d’infinis. Bien que non figuratives, ces encres expriment la Baie dans une réalité intériorisée faite de transparence et de limpidité.

Elles se révèlent aussi riches par ce qu’elles montrent que par ce qu’elles ne montrent pas. Comme si elles s’ancraient dans un réel et en même temps nous emmenaient dans un ailleurs, un univers purement émotionnel. Capture de lumières, fugacité d’une impression, sentiment de solitude…

Ces encres se découvrent différentes à chaque regard, révélant un détail, affirmant une présence jusque-là cachée, modifiant une perspective.

Ainsi la Baie devient un paysage-personnage avec sa propre respiration et avec lequel on souhaite entrer en dialogue.

                       Philippe Sturbelle

 

A propos de l’exposition :  « Encres froissées » (Encre de Chine et papier de soie)

La Baie de Somme, classée parmi les plus belles baies du monde, offre au regard du peintre un panorama exceptionnel aux couleurs versatiles et aux nuances infinies.

Au nord, Le Crotoy. 
L’horizon n’est ni un point ni une ligne, mais une bande vibrante blanc de nacre. La lumière magnétique ne s’apprivoise pas. L’œil aveuglé ne perçoit que les couleurs, les formes ont disparu. Le cobalt et l’indigo font place à l’argent assourdi d’étain des larges échancrures d’eau et de sable creusées par la marée.
Les gris se fondent dans les ors.
Ciel, terre et mer s’unissent.

Au mitan, Saint-Valéry. 
Au-delà du chenal bleu ardoise se dessinent de vastes à-plats fluorescents zébrés de céladon. Plus loin dans la baie, la terre devient sable et le sable marécage, dévoilant des flaques ultramarines aux contours violacés. La mollière vire au sépia quand la lumière passe au vermillon.
Les verts s’opposent aux bruns.
Ciel, terre et mer se désunissent.

Au sud, Ault. 
Le vert mousse des rochers crayeux et le brun chaud des longues algues marines rehaussent à leurs pieds le blanc spectral et cérusé des falaises mortes et vives. Le flot turquoise se retirant laisse à découvert une lande de sable rose, pointillée du bleu-gris des galets millénaires.
Les bleus répondent aux blancs.
Ciel, terre et mer se défient.

Corine Van den Bussche

 

L’encre de Chine* est une technique picturale de premier plan qui offre par sa brillance, sa résistance et la richesse de ses pigments, des variations infinies. Elle ne se limite pas à la calligraphie, au dessin et au lavis. Texture empreinte d’une sensualité soyeuse, sa véritable spécificité tient dans le fait qu’elle est à la fois couleur et matière.

Couleur

L’encre de Chine ne se limite pas au noir ou au sépia. Le rouge, le bleu, le vert, le jaune, le violet, le blanc, couleurs toutes parfaitement miscibles entre elles, offrent un nuancier élargi. Sa dilution à l’eau n’altère jamais totalement ni la puissance, ni la profondeur de ses couleurs qui peuvent être étendues en larges à-plats lumineux. L’encre de Chine permet une véritable exaltation des couleurs par la superposition de films colorés tout en conservant la transparence.

Matière

Substance gommeuse mais fluide, l’encre de Chine confère un toucher satiné. La succession de couches suggère au final un aspect ciré, proche de la patine d’un vieux cuir de Cordoue. L’application des encres sur un fond préparé à l’acrylique ou avec des papiers de soie plus ou moins froissés, crée une matière qui peut être travaillée « mouillé » ou « à sec ».

*Attribuée aux chinois, elle serait en réalité d’origine égyptienne et inventée il y a 6000 ans. La composition originelle de l’encre de Chine fut pendant longtemps un secret : pigment noir à base de noir de fumée (calcination d’un mélange d’huile de sésame et d’ivoire broyés finement) mélangé à de la gélatine  (colle de bœuf ou de poisson, gelée de cerf), à du camphre (dilué dans de l’alcool ou de l’huile) ainsi qu’à de la glycérine (ou du sirop de sucre dilué dans de l’eau).

 

Les pastels à l’huile*, à la différence des pastels secs, sont de création récente. Ils peuvent classiquement être utilisés « seuls », mais aussi être associés à d’autres techniques ou appliqués sur des supports divers (papier, carton, bois, toile …).

Matière

Elle se présente sous la forme de bâtonnets dotés de qualités spécifiques : onctuosité de la substance, intensité de la couleur, aspect soyeux de la texture, richesse de la palette, facilité d’utilisation des bâtonnets « tout prêt », absence de séchage total autorisant les reprises à l’infini. La consistance de cette matière autorisant le travail en épaisseur ou en transparence.

Technique

Celle mise en pratique ici consiste en l’étalement des pastels directement sur la toile suivi d’une dilution à l’essence de térébenthine. La mixtion des couleurs faite sur le support lui-même permet d’obtenir des « fondus » subtils. Le travail sur des grands formats est possible avec l’utilisation de pinceaux ou de brosses de bonne taille. Le pastel gras épouse parfaitement le grain de la toile de lin créant ainsi des « effet de matière » selon le degré de dilution ou l’outil utilisé.

* Les pastels à l’huile doivent être distingués des bâtons de peinture à l’huile (oil sticks)

Corine Van den Bussche

A propos de  :  « Bleu Nuit » * (Acrylique sur toile et papier de soie)

Bleu du jour, Noir de la nuit dans des « paysages rêvés ».

Le bleu, couleur calme et céleste. Souvent associé au rêve et à l’infini, il serait la plus profonde et la plus immatérielle des couleurs. Lié au divin et au spirituel, le bleu est couleur de Vérité et d’Immortalité.
Selon Kandinsky, en glissant vers le noir le bleu se colore d’une tristesse qui dépasse l’humain.

Le noir, couleur originelle et ténébreuse. Parfois considéré comme l’absence de toute couleur, le noir absorbe la lumière sans jamais la rendre. Associé à la nuit, au mystère, au néant, le noir s’oppose, par son opacité, à la transparence du bleu.
Selon Kandinsky le noir résonne comme un silence éternel après la mort du soleil.

Du Bleu au Noir comme le jour va à la nuit…
                                                                                                         Corine Van den Bussche

*Variations en clair-obscur pour deux couleurs et une matière.

À la recherche de la lumière…

Le bleu éveille le noir ? Le noir révèle le bleu ?

Les deux couleurs, se répondent et s’opposent. L’une et l’autre recherchent la lumière pour en étaler les nuances, des plus évidentes aux plus subtiles. Cette lumière accapare le regard et l’attire à travers les réseaux formés par la matière.
Et l’œil parcourt des espaces imaginaires d’autant plus riches que le papier de soie plissé forme un relief aléatoire d’où émergent, selon le regard porté, des paysages réels ou fantasmés.

Une mer bleue sous une nuit noire ? Une nuit bleue dans une forêt noire ?

Au delà des formes concrètes ou suggérées par chaque toile, ce sont des géographies de l’âme vers lesquelles nous conduit la sensibilité artistique de Corine Van den Bussche. Comme une interrogation dont on se plait à surprendre le mystère ou plutôt les mystères, car à chaque vision, se révèle une nouvelle perspective, une nouvelle vibration. La lumière de ces tableaux invite à en rechercher l’écho au plus profond de nous-mêmes.

Sacha de Gérondal